Voici quelques années maintenant, j'ai commencé mon travail sur l'écriture, en jouant sur la forme et la couleur des caractères imprimés ou manuscrits, avec mes séries de peinture et de collage "lettres anonymes" et "lignes d'écriture".
Je poursuis cette recherche en céramique avec ma "bibliothèque de l'illisible". C'est tout un ensemble de livres, tablettes ou grimoires incisés de signes mystérieux, reflets d'alphabets disparus ou indéchiffrables, que je sculpte en grès ou en raku. Ma bibliothèque s'étoffe au fil du temps sur un coin de table ... Et j'adore lui ajouter un nouvel ouvrage!
la bibliothèque de l'illisible, céramiques de Marine Assoumov
Pour la seconde fois, j'ai participé cet été aux Papillons de Carpentras. Une belle idée : on accroche dans les rues de la ville, à hauteur de réverbère, les grandes toiles peintes d'une centaine d'artistes.
J'avais choisi de participer en "art numérique" : envoi d'une image jpeg d'excellente définition en juin, impression de ce fichier sur une toile de 2,40 x 1,30 m, accrochage dans la ville de juillet à septembre. Et récupération de la toile en octobre après quelques péripéties (évidemment, le rouleau ne tient pas dans dans la boîte aux lettres!)...
Je déroule mon grand kakemono : cette impression sur toile est une première pour moi. Peut-être en ferai-je d'autres, ce changement de format est très intéressant ...
Venez voir les trésors de mon atelier, sculptures, collages, tableaux et livres d'artiste.
20 ans de création enfin révélés, du "corps à corps de rugby" aux collages de "lettres anonymes" et des "lignes d'écriture" en passant par les huiles des "paysages intérieurs".
Des rafraichissements vous attendent :
atelier rue André Cayron, Asnières (oriflamme)
de 14 h à 19 h
samedi 13 et dimanche 14 octobre
métro ligne 13 arrêt "Les Agnettes" direction Asnières-Gennevilliers
ou train depuis St Lazare, arrêt "Bois-Colombes", direction Ermont-Eaubonne
C'est la rentrée. Sniff !!! J'ai quitté les embruns marins pour l'air vicié de ma banlieue ...
L'atelier abandonné depuis deux mois reprend vie peu à peu, mais il est en mauvais état.
L'été caniculaire a laissé son empreinte, et je ne l'avais pas rangé depuis mes Portes Ouvertes de l'an dernier.
Un an de créations accumulées, céramiques, tableaux et dessins qui mangent l'espace.
J'ai du pain sur la planche : ranger, accrocher, ôter, désencombrer et enfin nettoyer.
Pour que tout soit beau pour mes visiteurs d'octobre !
J'emporte mon "nécessaire à collages" : mon bol de colle à papier peint, mes sacs remplis de confetti colorés, mes supports de papier, de toile ou de bois. Sans oublier mes carnets remplies d'esquisses de rugbymen qui ne demandent qu'à s'amplifier et à s'épanouir sur du grand et beau papier épais ...
Aussi, de l'encre de chine, des beaux pinceaux chinois pour le Noir & blanc.
Et quelques poèmes à peaufiner pour en faire des livres d'artiste.
En général, j'ai les yeux plus grands que le ventre, je ne fais pas la moitié de mes prévisions, mer, promenades et
coin d'atelier, tableaux de lettres anonymes
lectures sont bien trop tentantes ... Et c'est si dur de s'y mettre!
Avril, un joli mois pour commencer le printemps ... avec une exposition sur le rugby inespérée grâce à mon amie Sabine.
Le Café qui parle est un joli troquet de la butte de Montmartre (mon ancien quartier, là où j'ai commencé la peinture dans les années 80). Le patron est sympa et le brunch du dimanche renommé ...
J'y accroche jusqu'en septembre une douzaine de toiles et de collages de ma série "corps à corps de rugby". C'est toujours intéressant pour l'artiste d'investir un nouveau lieu, on y voit les peintures d'une autre façon, elles se répondent (ou se contredisent) différemment. Au lieu de m'encombrer l'atelier et de rester cachées dans mes réserves!
Cet hiver peu propice à la création (j'ai les doigts gourds dans mon atelier froid et humide) se prête bien à la réalisation des corvées artistiques ... Tout ce qui concerne les à-côtés de la création : l'encadrement et la présentation des oeuvres et leur gestion : recenser, numéroter et photographier toiles, dessins et sculptures. C'est chronophage, très ennuyeux mais hélas nécessaire!
La légende veut que les artistes soient des écervelés paresseux uniquement mûs par l'alcool et une inspiration aléatoire, inorganisés, désordonnés et incapables d'un travail régulier. Mais de Rubens aux impressionnistes, de Matisse à Combas, les artistes sont de grands travailleurs qui s'occupent aussi de documenter leur travail. Matisse faisait photographier les différents états de ses tableaux, Picasso marquait au dos de sa toile chaque séance de travail, ...
Me voici donc au pied du mur, ou plutôt de mes pièces : 15 tableaux et 20 céramiques à photographier, dur, dur!
Pour les toiles et dessins -non encadrés-, j'ai appris : faire la photo dehors, par temps gris, sans ombre portée (et sans flash), vers 13 h de l'après-midi. Autant dire que ce n'est pas tous les jours possible! Et ensuite, petit travail sous photoshop pour recadrer et améliorer les couleurs, le contraste, la luminosité de la photo ...
le livre illisible, céramique raku, Marine Assoumov
Mais les sculptures me posent encore un sacré problème : dégager suffisamment de place dans l'atelier encombré, on a besoin d'une table et d'un fond neutre vertical derrière, il faut faire plusieurs photos par pièce (c'est du 3D), l'émail des céramiques est brillant et fait des reflets (faut-il les laisser? ou les enlever avec photoshop?), ...
C'est la croix et la bannière, et j'avoue que je ne maîtrise pas encore!
Bientôt le rendez-vous annuel de la Sévrienne des Arts, un Salon que j'apprécie beaucoup pour son originalité et la qualité des expositions.
Cette année, le thème est "Vivre!", tout un programme ...
J'ai choisi de peindre une grande toile-collage avec du rythme (des vagues ou des oiseaux en vol?) et des couleurs contrastées noir-rouge et inclusion de mots, as usual.
Un travail très fastidieux, j'ai cru ne jamais arriver au bout ... J'espère que le résultat du collage est plus ludique que le processus!
vernissage vendredi 26 janvier 18h30
exposition tlj de 14 h 30 à 19 h
la Rotonde au Sel
47 grande rue
92 Sèvres
Performance "énergie vitale" en trio dimanche 4 février à 16h 30
peinture de Marine Assoumov, collage et techniques mixtes sur toile, 118x80 cm, 2017
En céramique, je me trouve confrontée au problème épineux de la cuisson. Comme je n'ai pas de four à l'atelier, je dois aller cuire mes pièces chez un potier. D'où délais, transport et risque de casse. Du coup, j'ai pensé à supprimer l'étape cuisson, en recourant à la terre-papier. C'est un mélange d'argile et de cellulose (5 à 30 % en volume) qui garde les propriétés de modelage de l'argile mais qui ne nécessite pas de cuisson. On la fait simplement sécher et le résultat est plus solide que pour l'argile pure. Ensuite, patine ou peinture bien sûr (la terre crue séchée est très laide d'aspect). En outre, on peut utiliser une armature, des inclusions en bois ou d'autres matériaux, puisqu'on ne cuit pas la pièce. Je suis très excitée par ces nouvelles perspectives, et je mène mes expérimentations avec ardeur. J'espère avoir bientôt quelques essais à montrer!
Au Salon artistique de Bois-Colombes, mon tableau "la forêt des balbutiements" vient d'être primé.
C'est un grand tableau vertical, quasiment en relief avec des collages de carton, de papiers colorés et de mots typographiés, qui fait partie de ma nouvelle série des "lignes d'écriture".
"la forêt des balbutiements", collage sur toile, Marine Assoumov 2017